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QUI SUIS-JE ?
Diplômée des Beaux-Arts de Marseille, je vis et travaille dans cette même ville. Dessin, peinture, sérigraphie, couture, céramique, je multiplie les médiums et expérimente à la croisée de l'art et du design. Complice des luttes sociales et politiques, mon travail emprunte aussi bien aux repas de famille interminables qu'aux barbecues d'après manif. Dans mes œuvres-événements, le repas joue le rôle fédérateur et convivial qu'on lui connaît, tout en mettant en lumière les conflictualités et désaccords qui y éclatent. Chaque objet, expression d'une colère, revêt une forme alléchante aux couleurs ensoleillées, comme une façon de mieux digérer l'indigeste. Mêlant militantisme, humour et allégresse, mes dispositifs sont autant de prétextes à se rassembler, s'écouter, et pourquoi pas exiger l'impossible !Pour m'écrire : zoe.saudrais@hotmail.fr
Dans l'exposition justement menée par Ghassan Salameh, Zoé Saudrais dresse au crayon à papier, la table du débat et de la mise en commun. Chaque assiette est designée pour devenir l'épisode d'un soulèvement qui dénonce différentes formes de discrimination (genre, race, classe, etc.).
Si, Zoé a su nous parler au travers de ses objets, de sa scénographie et de sa présentation, d'un engagement féministe qui se situe à la croisée des oppressions, elle nous montre sa manière, bien à elle, de ne pas se laisser écraser par toute cette violence. Elle nous fait d'ailleurs, avec sa neuvième assiette, le récit d'un mouvement social qui réussit et nourrit d'espoir.
On a envie de voir les assiettes sur des ronds-points pour soutenir des convives aux gilets jaunes et sur la table de Noël d'un tonton rétrograde, pour mettre les pieds dans le plat.
La communion peut être généreusement politique, gourmande et engagée. On a hâte de voir comment Zoé va continuer d'inventer ses objets responsables. Et comment elle va pouvoir les proposer dans des aventures humaines fortes. Pour qu'ils racontent, interrogent, soutiennent, mais aussi créent encore plus de mouvement. J'espère qu'elle documentera cela et transmettra.
On peut attendre des personnes qui s'engagent dans un design responsable qu'elles soient bien entendu exigeantes par rapport aux matières et techniques qu'elles utilisent... et qu'elles délivrent, par l'objet créée, un message fort.
Elles peuvent aussi aller plus loin et produire un objet qui descend dans la rue et qui lutte. Un objet activiste.
Caroline Pelletti - Propriétaire du Bunker des Calanques à la remise du Prix Région Sud
Complice des luttes victorieuses qui grondent, Zoé Saudrais manigance l'insurrection. Cette joie promise convoque ses souvenirs d'enfance : de grands repas de famille, théâtres de convivialité et de conflits.
Chaque oeuvre, aussi bavarde que colorée, s'appréhende comme un outil de coalition. Ainsi teintées d'allégresse et d'innocence, ces installations-évènements sont autant de stratégies pour accueillir l'indigeste, ne pas désespérer tout à fait. Les dessins manifestent farouchement les colères collectives. La barbotine cimente les revendications politiques marginales. Face aux injustices sociales, la table est dressée comme une barricade. Au carrefour du militantisme, de l'humour et de l'intime, Zoé saccage les normes bourgeoises. Sur la vaisselle biscornue, elle dessine la mémoire de nos combats et de nos triomphes : ni oubli, ni pardon. Si tout est politique, alors le soda premier prix sera versé équitablement dans le verre de chaque convive. Sous les slogans, à côté de nos camarades, organisons-nous pour résister.
Alexia Abed AICA - CEA mai 2025 (critique et curatrice)